Collection Automne Hiver 2009
Le terme "Geisha" signifie littéralement "personne de l'art".C'est un 794 que le premier ersatz de geisha apparaît. L'empereur Kammu, grand fan de la Chine, fait construire une nouvelle capitale, Kyoto, en partant du modèle de la capitale chinoise de l'époque, Changan. Dans cette ville, elles sont spécifiquement appelées Geiko.
Pour divertir les nobles et les guerriers, l'empereur invite de jeunes femmes à danser sur des prières bouddhistes. Ces femmes devinrent très rapidement les maîtresses des hommes qu'elles divertissaient. Ce mélange de talent artistique et de plaisir déboucha, beaucoup plus tard, aux Geisha telles que nous les connaissons maintenant.
La naissance du terme Geisha remonte à environ 1600 lorsque le shogun Tokugawa installa sa capitale à Edo (l'actuelle Tokyo). Le rôle des danseuses se transforma alors, elles apprirent à jouer de la musique, à réciter des poèmes, etc... Bientôt, elles eurent également le droit d'assister aux banquets en tant que serveuses de Saké pour les invités. Leurs raffinements et leurs capacités à tenir des conversations les firent admettre dans les cercles des hommes influents qui recherchaient leur compagnie pour se distraire.
C'est en 1700 qu'un décret du shogun reconnaît le fait d'être Geisha en tant que profession à part entière. Un code strict réglementa alors la vie des Geishas. Elles furent obligées de vivre dans un quartier réservé nommé : Hanamachi ou kagai (ville fleur). Au début, les Geishas goûtèrent très peu à ce changement car les yûjos (les prostitués et/ou courtisanes) étaient avec elles. C'est au milieu du XVIIIème siècle qu'une différence fut établie ; les Hanamachis du centre villes furent réservés au Geisha tandis que les yûjos durent se contenter des quartiers en périphérie de la ville.
Lors de mes diverses lectures, une de leur activitées ma particulièrement interpelé : L’Ikebana, également connu sous le nom de la Voie des fleurs ou l'art de faire vivre les fleurs. C’est un art traditionnel japonais basé sur la composition florale. L’arrangement floral japonais crée une harmonie de construction linéaire, de rythme et de couleurs. Alors que les Occidentaux tentent d'accentuer la quantité et les couleurs des fleurs, portant leur attention essentiellement sur la beauté de la fleur, les Japonais accentuent l'aspect linéaire de l’arrangement. Ils ont développé un art qui valorise aussi bien le vase, les tiges, les feuilles et les branches que la fleur elle-même.
La structure complète de l'arrangement floral japonais est axée sur trois points principaux symbolisant le ciel, la terre et l’humanité à travers les trois piliers, asymétrie, espace et profondeur.L'origine de l'ikebana est le kyka l'offrande de fleurs dans les temples bouddhistes, qui débuta au VIe siècle en Chine. Dans ces arrangements, les fleurs et les branches étaient disposées de telle sorte qu'elles pointent vers le ciel.
Au même titre que la cérémonie du thé et la calligraphie,
l’ikebana était un des arts que les femmes étudiaient traditionnellement à l’école en vue de se marier. Aujourd'hui, les arrangements floraux sont considérés comme l'un des cinq arts traditionnels japonais. L'ikebana est pratiqué en de nombreuses occasions, comme les fêtes et les cérémonies, et son enseignement n'a cessé de se répandre chez de nombre de nos contemporains, intéressés par la tradition, l'art et la culture du Japon.
Pour cette collection, j’ai choisi de représenter l’histoire des Geishas en revisitant cet art floral
L'Okasan est la tenancière, la "mère" de l'Okiya, la maison de Geisha situé dans les Hanamachis. C'est une grande barrette, composé de 16 pétales, chacune surfilé et brodés de perles de rocaille.

Shikomikos
Rose composé d’une base de 4 pétales en feutrine surfilé à la main, et de multiples pétales de tissus. Des perles de verres cirées sont brodées au centre. Accessoires : Pince

Maikos
Rose composé d’une base de 4 pétales en feutrine surfilé à la main, et de multiples pétales de tissus. Des perles de verres cirées sont brodées au centre. Accessoires : Petite barrette

Geishas
Rose composé d’une base de 4 pétales en feutrine surfilé à la main, et de multiples pétales de tissus. Des perles de verres cirées sont brodées au centre.
Accessoires : Grande barrette

L’Onesan est la Grande sœur de la Maiko, une Geisha confirmé. Pendant cette année d'apprentissage, les Maikos étaient tout le temps accompagnées par une geisha confirmée nommée "l’Onesan". L'Onesan était alors chargée de veiller sur sa protégée et elle touchait alors un pourcentage sur tous ses gains. Dans la rue, une Maiko devait toujours être située au moins un mètre derrière la geisha confirmée.

3 grosses pétales de fleur réalisée en feutrine et en tulle, orné de perles. Accessoire : petite barrette

Beebe
Les Beebe étaient les femmes chargées de la lessive et l’entretien des tenues des Geishas dans les Okiya
Cet accessoire est composé de 3 pétales bicolores, surfilé à la main, et brodés de perles. Il y a également 3 petites fleurs qui ornent cet accessoire.
La structure complète de l'arrangement floral japonais est axée sur trois points principaux symbolisant le ciel, la terre et l’humanité à travers les trois piliers, asymétrie, espace et profondeur. La plupart des créations réalisées pour cette collection suivent cette règle de 3.

Hiki Hiwai
Au moment de quitter l’Hanamachi, une Geisha doit organiser une cérémonie d’adieu appelé le hiki hiwai, qui consiste à offrir du riz bouilli à son Onesan et à son Okâsan. Pour illustrer cette cérémonie, un sautoir a été réalisé, toujours en suivant la règle de 3 qui régit l’Ikebana.

Nenki
Le Nenki est le nom donné au contrat d’une Geisha envers son Okâsan.
Long pique à chignon noir avec un embout de feutrine noir. Une chaîne couleur rouille présentant un bijou de feutrine avec une fleur et des perles brodés, suivis d’un pompon.

Hanamachi
L’Hanamachi ou kagai (ville fleur) est le quartier réservé aux Geishas, se situant surtout au centre de la ville. Toujours en suivant la règle de trois de l’art de l’Ikebana, ce pique à chignon présente une cascade de tiges de fleurs translucides, mais également de ruban satiné et une chaîne en plaqué argent.

Yarite-Baba
Une dernière catégorie de femmes travaillait dans le quartier des plaisirs, les yarite-baba . Ces vieilles femmes jouaient le rôle d'entremetteuses entre les geishas et leurs clients. Comme le serviteur, ces femmes touchaient un pourcentage en fonction du nombre de client apportés à l'okiya.

J’ai voulu donner à ces barrettes un aspect baroque et à la fois ancien. Elles sont ornées de camé et d’une loupe ainsi que de perles, un d’un gros et long travail de « broderie ».

_________________

* Mouahahah * Je te condamne à être paillettée !